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Khalifa Gassama sur l’interdiction des manifs: « Juridiquement, ce n’est pas défendable, mais aussi politiquement c’est contre-productive »

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La décision des autorités de la transition annonçant l’interdiction des manifestations en Guinée, alimente les débats dans la cité. Si certains saluent celle-ci (décision), d’autres par contre estiment que l’État est en excès de pouvoir. C’est le cas de l’ancien ministre de la citoyenneté, Khalifa Gassama Diaby qui affirme que la junte veut retirer aux citoyens la liberté d’opinions et de les exprimer. Il l’a fait savoir ce jeudi 25, août 2022 dans « Mirador » de fim fm. 

 

« L’interdiction générale et systématique des manifestations, sont injustifiables, indéfendables. On ne peut pas, à moins qu’on nous dise qu’on est plus dans la logique démocratique, à moins qu’on nous dise qu’on ne veut plus respecter la charte de la transition puisque c’est elle qui nous sert de constitution actuellement. 

D’abord juridiquement, ce n’est pas défendable, mais aussi politiquement c’est contre-productive. Donc de ce point de vue là, les choses sont claires. On ne peut pas accepter de retirer aux citoyens la liberté de pouvoir dire nous ne sommes pas d’accord et même la liberté de dire nous sommes d’accord. Cette liberté, elle est essentielle pour la démocratie (opinion-expression). On ne peut pas accepter que cela soit posé et qu’on dise que les manifestations sont interdites, ce n’est pas acceptable », a-t-il fustigé. Puis rajoute:

« Sur la question des mineurs, je crois que c’est devenue un nouvel angle de tire sur les manifestations dans le  pays. Il est quand même étonnant que nous renversons toujours l’ordre d’analyse des choses, nous mettons la tête en bas, les pieds en haut. Si les manifestations étaient faites sans violences, personne ne poserait la question de la présence des mineurs. Pourquoi on se plaint de la présence des mineurs?. Si l’État est en capacité de permettre l’organisation des manifestations sans violences, personne n’irait demander l’âge de ceux qui manifestent. 
Et, d’ailleurs lorsque nos chefs sont au dehors pour des bains de foule, ce sont les mêmes mineurs qui sont dehors. Mais, en ce moment là, on ne se plaint pas de la présence des mineurs. Personne ne souhaite que les mineurs soient à un endroit où il ne doivent pas être, mais je rappelle que dans d’autres pays, les parents vont à des manifestations avec leurs enfants. Donc, pourquoi dans notre pays quand il y a une problématique, on renverse toujours la logique ?. Je ne suis pas entrain de demander à ce que les mineurs soient dans les manifestations, on peut avoir une position morale de dire on ne souhaites pas, ce n’est pas une question de légalité. Si les mineurs y sont, l’essentiel est que les organisateurs, l’État soient en capacité de travailler ensemble pour faire en sorte que les manifestations se déroulent sans violences », souhaite t-il
 
« Il faut qu’on comprenne une chose dans ce pays, le maintien de l’ordre, la garantie de la sécurité des personnes et de leurs biens que ça soit pendant ou en dehors des manifestations, cela n’incombe pas aux organisateurs de la manifestation, c’est le rôle de l’État. L’État ne peut pas se défausser de cette responsabilité sur les organisateurs, à moins qu’ils n’aient tenus des paroles publiques de violences », a rappelé Khalifa Gassama Diaby 
 
 
Mamadou Saliou Camara pour Leprojecteurguinee.com 
660 38 02 38 

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