Proclamation des résultats du BAC 2017 : le secrétaire Général de l’UGDD...

Proclamation des résultats du BAC 2017 : le secrétaire Général de l’UGDD demande au gouvernement de sanctionner MTN Pour les désagréments causés aux candidats

1141
0
PARTAGER

Le sécretaire général du parti l’Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement, M . Kagbadouno Nestor s’est exprimé chez nous sur la proclamation des résultats du Bac unique 2017 et les désagréments causés aux candidats par l’opérateur de téléphonie MTN entrainant une cacophonie entre la communication du MEPU et MTN, préjudiciable aux candidats .

A la proclamation des résultats du BAC, MTN a anticipé la publication d’une statistique revue à la baisse par le MEPU. Qu’en pensez-vous ?

L’éducation est l’une des fonctions régaliennes de l’Etat. Elle est assurée à travers un ensemble d’activités allant de la planification de l’année scolaire à l’organisation des examens de fin d’année, en passant par le suivi du déroulement des cours. Depuis un certain moment, le Ministère en charge de l’Enseignement Préuniversitaire autorise la société de téléphonie mobile « MTN Guinée » à publier les résultats des examens nationaux. En agissant ainsi, l’Etat, à travers le Ministère de l’Enseignement Préuniversitaire, implique une personne privée dans la gestion d’une activité d’intérêt général : la publication des résultats des examens. En associant une personne privée à la gestion d’une activité d’intérêt général, l’Etat conserve d’importants pouvoirs de contrôle vis-à-vis de celle-là. Eu égard de la façon dont les résultats du baccalauréat ont été proclamés cette année, on est en droit de se poser la question suivante : l’Etat exerce-t-il effectivement son pouvoir de contrôle sur la Société « MTN » dans la gestion de la proclamation des résultats des examens nationaux? L’Etat a, cette année, failli à son obligation de contrôle. Le Ministère de l’Enseignement Préuniversitaire est l’unique service habilité à établir les fichiers les résultats des différents examens nationaux.

A ce titre, il arrête la liste définitive admis et fixe la date de la publication des résultats. Pour cette année, curieusement, la publication des résultats du baccalauréat n’a pas, pour un premier temps, obéit à ce cycle normal. En effet, c’est dans la journée du 24 juillet que la société MTN commença à publier les résultats en annonçant une statistique de 43% d’admis au lieu de 27% récemment annoncé par le Ministre de l’Enseignement Préuniversitaire. Pire, certains élèves déclarés admis par le résultat de MTN, le 24 juillet ont malheureusement appris la difficile nouvelle de leur échec le 26 juillet (résultat du Ministère). En face de cette communication cacophonique, on est en droit de se poser certaines questions qui nous semblent difficiles à répondre : existerait-il deux listes des admis au BAC ? Le Ministère a-t-il intentionnellement réduit le pourcentage des admis de 43 à 27% ? Si oui, pourquoi ? Si non, de quelle source MTN a-t-elle tenu cette statistique ? Il s’agit là d’une série de questions méritant d’être répondues par le Ministère de l’Enseignement préuniversitaire qui, en outre, doit présenter ses excuses publiques à l’ensemble des élèves qui, déclarés avoir échoué, avaient cru en leur admission avec le résultats précédemment publiés par MTN. Enfin, il faudra que l’Etat sanctionne MTN pour les désagréments causés aux candidats et leurs parents en lui retirant dorénavant le droit de publier les résultats de quelques examens que ce soient.

Que vous inspire ce taux très bas des admis au BAC ?

Il est tout d’abord important de féliciter les admis et encourager ceux qui ont échoué. L’échec fait partie du parcours de tout apprenant. Mais quand il est démesurément massif, il faut interroger plusieurs facteurs de nature à faire planer le doute sur l’efficacité de notre système éducatif entier. En Guinée, on observe une sorte de satisfaction au niveau des Ministres de l’enseignement préuniversitaires qui organisent les examens avec le plus bas taux d’admis. Les examens doivent être perçus comme un moyen d’évaluation de notre système éducatif dans sa globalité. Beaucoup se précipiteront pour dire que les échecs sont dus au niveau insuffisant des élèves d’une part, et la transparence dans l’organisation des examens d’autre part. En ce qui concerne le premier élément, il est bien évident que le niveau de nos élèves est pour la plupart très insuffisant. En vérité, si le niveau de nos élèves est si insuffisant s’agit-il d’un échec à l’examen qui en constitue la solution. Je crois que non. Ceci, par contre produit l’effet contraire indésirable : l’augmentation du vieillissement et de l’abandon scolaires. Ainsi, au lieu de focaliser toute son attention sur l’organisation des examens, il est plutôt nécessaire sinon impératif de procéder à un travail de fond visant à réorganiser tout le système éducatif guinéen. Le problème n’est pas fondamentalement au niveau des apprenants. Il réside plutôt dans le milieu d’apprentissage et les méthodes d’enseignement. Pour preuve, les résultats de ce BAC montrent que les grandes écoles privées qui fournissent suffisamment d’efforts pour améliorer le cadre de l’enseignement sont celles qui ont fait beaucoup de succès autant en qualité qu’en quantité. Quant aux lycées publics, laissés pour comptent, il y a eu moins de succès ! Concernant le second élément, c’est-à-dire la transparence dans l’organisation des examens, il faut signaler que cet état de fait est une réalité mitigée. Comment peut-on qualifier d’exemplaire un examen au cours duquel les élèves intentionnellement autorisés par les surveillants à utiliser leurs téléphones dans les salles d’examen? Enfin, il est évident que s’il y a des échecs énormes c’est que le système éducatif mis en place n’est pas assez performant pour préparer en grand nombre de bons candidats aptes à affronter valablement les épreuves. Il est donc urgent que le gouvernement prenne ses responsabilités dans le but de faire un travail de fond sur le système éducatif guinéen car c’est seulement par cela que nous pouvons avoir des ressources humaines de qualités en vue de développer notre pays.

 

Alsény Fadiga

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE