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HARCELEMENT SEXUEL : une victime témoigne…

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Le témoignage qui sous-tend l’entretien que nous vous proposons ci-dessous est fruit d’une causerie des plus ordinaires. De fil en aiguille, la discussion a abordé la question taboue du harcèlement sexuel. Et progressivement, nous avons découvert chez notre interlocutrice une envie de s’exprimer, de partager et de se libérer d’un secret qui lui pèse trop et depuis trop longtemps. Il y a six ou sept ans en effet, à peine sortie de l’université, elle expérimente le monde du travail. Jeune et pimpante, elle a l’innocence de croire que la mention « Excellent » ou son très séduisant bulletin de note suffiraient à lui ouvrir les portes des entreprises. Malheureusement pour elle, au gré des entretiens d’embauche, un des patrons devait lui rappeler la dure réalité des choses. « L’ultime test », c’est ainsi qu’il appelle sa proposition qu’il fait à la jeune demoiselle de coucher avec lui avant de décrocher le job. Et vous ne devinerez jamais comme il formule sa requête libidinale à celle que nous appelons Mame. Lisez plutôt

Vous nous dites que vous avez été victime de harcèlement sexuel, racontez-nous les faits ?

C’était il y a six ou sept ans. J’avais autour de 26 ans. J’avais déjà mon premier emploi dans une radio de la place. Le monde des médias audiovisuels était en pleine expansion. Aussi, on a annoncé une nouvelle radio. Tout le monde y allait pour déposer les dossiers. Comme tout le monde, j’ai aussi déposé mes dossiers et on nous a appelés pour un premier test, puis un deuxième. A la suite de ces deux évaluations, j’ai été approchée par le directeur de la radio qui m’a annoncé que j’étais arrivée première de la phase des tests théoriques. Par la même occasion, il m’a indiqué qu’il me fallait passer le test pratique. Le volet technique, me suis-je dit.

Alors, il m’a informée que ce test pratique se ferait à 19 heures car, avait-il prétendu, il n’a pas le temps la journée. Avec le temps, je réalise que j’ai été naïve de croire à tout cela. Il m’a alors invitée vers 19 heures 30 à Nongo. Nous avons mangé de l’attiéké. Puis, il m’a invitée chez lui où me dit-il, nous devions passer le test pratique. Et pour que tout cela paraisse naturel, il s’était empressé d’ajouter qu’il y a chez lui le micro et tous les autres accessoires. Arrivé à son domicile, il a affectivement sorti le micro et je me suis fait enregistrer au salon. Il en a conclu que j’avais une voix radiophonique. Ça y est, me suis-je dit. Toute heureuse.

Il a aussitôt rangé le micro et m’a demandé d’attendre qu’il change d’habit pour aller me raccompagner chez moi. Et c’est ainsi qu’alors que je patientais au salon, il est subitement sorti de la chambre tout nu. Sans aucun vêtement. Pas même le slip. Il tenait son sexe dans sa main qu’il balançait de tous les côtés. Puis, il me dit : « c’est dernier test qui reste ». Je me suis exclamée et je lui ai demandé : « donc, c’est une affaire comme ça ? » Pour toute réponse, il me demande à son tour : « qu’est-ce que tu crois ? Crois-tu que toutes les femmes qui ont un poste de responsabilité y sont parvenues l’ont obtenu aussi facilement » ? J’ai alors commencé à trembler de tout mon corps et je lui ai dit : « est ce que tu sais au moins qu’on est de la même famille ? Es-tu conscient que c’est ma tante qui nous a mis en relation » ? Il me répond que ce n’étai pas un problème car ma tante n’était pas obligée de le savoir.

Prenant mon courage à deux mains, j’ai rejeté ces avances et même en retour, je l’ai menacé de dévoiler ses avances à ma mante si je n’obtenais pas le travail à la radio. Et ça a payé car non seulement j’ai pu m’en sortir ce jour-là, mais aussi séance tenante, il a m’a assurée que j’obtiendrais le travail, à condition que je ne raconte pas ce qui venait de se passer à ma tante. C’est ainsi que j’ai commencé à travailler dans la dite radio où j’ai évolue des années durant. Je dois néanmoins préciser que ses avances n’ont pas cessé pour autant. Je les ai subies durant tout le temps que j’y ai travaillé, mais j’avais relativement de quoi les rejeter. Mais le secret est demeuré entre nous, il n’a pas eu le sexe et j’ai eu mon boulot.

L’aventure que vous venez de raconter, pensez-vous qu’elle était savamment planifiée par lui ou bien serait-elle fruit d’une pulsion spontanée qui se serait manifestée quand il vous a vue dans son salon ?

Je pense que tout cela était planifié. Peut-être même que je ne suis pas la seule à l’avoir subi. Car si c’était la première fois, il m’aurait fait les avances petit à petit au bureau. Mais s’il m’a emmené chez lui et qu’il a eu le courage de se mettre nu devant moi, c’est que ce n’est pas sa première fois.

Vous avez dit que vous avez tremblé, c’était la première fois qu’on vous fasse une telle proposition ?

Oui c’était ma première fois. Je suis sortie majeure de ma promotion à l’université et c’est l’université qui m’a trouvé mon premier stage qui avait d’ailleurs débouché sur un contrat au bout de trois mois. Donc, pour moi, c’était les efforts, les compétences qui pouvaient te donner un emploi. Mais avec cette vue d’un monsieur que je respectais beaucoup, que je considérais comme un membre de ma famille au point que je l’appelais même tonton se mettre nu devant moi et demander que je couche avec lui, alors qu’à l’époque je n’étais pas mariée, je ne connaissais pas le sexe, j’étais carrément effrayée. A sa vue, ce sont mille et une questions qui se bousculaient dans ma tête. J’avoue que c’était une expérience flippante.

Finalement, est ce qu’il a été facile pour vous de continuer à travailler dans cette boite, quel était vos rapports désormais ?

Ça n’a pas été facile. A chaque fois que je le voyais, je ressentais une profonde haine et de la peur en même temps. Je n’ai jamais osé rester seule dans une pièce avec lui. D’autant que comme je le disais tantôt, ces avances ont toujours continué. A chaque fois qu’il m’apercevait et qu’il en avait l’occasion, il me faisait un clin d’œil comme pour me rappeler qu’il ne renonce pas.

Cela veut dire qu’il n’a jamais été gêné par son acte ?

Non, jamais ! Et c’est pour cela que je suis sûre que ce n’était pas la première fois. Il continuait sans cesse à me faire des clins d’œil tout en me rappelant mon refus. Il n’a nullement pas regretté son acte, il n’a même pas pris peur de cela, c’est comme si pour lui tout avait l’air normal. Il n’avait aucune gêne, bien que j’étais une nièce par alliance à lui. Il est vrai que je m’attendais qu’il regrette son acte et qu’il s’emploie à me le faire oublier en prétextant une erreur. Mais rien de tout cela. Au contraire, il a continué. Par exemple, quand il faisait des commentaires sur mes fesses et tous les fantasmes auxquels elles font naître chez lui.

Combien de temps s’était passé entre votre première rencontre et cette proposition indécente ?

C’est quelqu’un que j’ai toujours connu, il était comme un membre de la famille. Avant je me rendais à son service pour apprendre à écrire et au retour du service moi il me laissait à chez moi. Puis, il continuait chez lui. Peut-être que c’est à cette époque qu’il a commencé à nourrir le désir. Mais il n’avait pas eu l’opportunité de me le faire savoir. C’est pour cela que j’étais très choquée par son acte, parce que comme je l’ai dit, c’est un oncle par alliance.

En dehors du harcèlement, il y avait donc un côté inceste ?

Oui, parce qu’il était un oncle par alliance et par après, il me propose le sexe.

Est-ce que c’est facile de porter un tel secret ?

Vu le lien qu’il y a entre lui et moi, c’est vraiment difficile d’en parler. Neut-été ce lien de parenté, j’aurai confié ce secret à quelqu’un. En plus c’est quelqu’un de très connu et très respecté. Mais je le déteste, je n’ai aucun respect pour lui, je ne veux rien de lui, je ne peux pas le voir sans repenser à cette horrible rencontre. Il m’énerve, et d’ailleurs j’ai peur qu’il ne le dise à quelqu’un parce qu’après tout c’est moi qui suis allée chez lui.

Pensez-vous que vous êtes coupable dû fait de vous rendre chez lui ?

Oui, je pense suis coupable, parce que je suis allée chez lui. Mais je ne me culpabilise pas à ce point. J’ai accepté d’aller chez lui, parce que je le connaissais, parce que c’est un parent et en aucun cas je pouvais imaginer que lui qui m’appelle tendrement ma nièce, pouvais aller jusqu’à ce point.

Dans votre cas, vous avez su résister à ces avances. Alors à votre avis, comment une femme peut-elle résister au harcèlement ?

D’abord j’avais un autre travail. Donc, même si je ne gagnais pas ce travail-là, je savais que j’avais déjà un travail. Par ailleurs, je n’ai pas une famille si riche, mais mes parents se suffisent. Aussi, ma vie ne dépendait de la proposition qui m’a été faite. Aussi, pour moi, accepter était de l’ordre de l’inadmissible.

Source : ledjely.com

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