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Abdourahmane Bah, fédéral de l’UFC à Koundara : « Les députés doivent partir, leur mandat est terminé »

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Dans cet entretien accordé à notre rédaction, le fédéral de l’Union des forces du changement (UFC) de Koundara, parle d’un bilan mitigé de la gouvernance de Alpha Condé. Abdourahmane Bah donne aussi sa lecture sur la prorogation du mandat des députés.

Lisez !

Bonjour, l’un des sujets qui défraie la chronique en Guinée, c’est la prorogation du mandat des députés par le président de la République. Quelle lecture faites-vous de cette prorogation ?

Sans langue de bois, je dirai que ce n’est pas mal de proroger une mandature dans une République où toutes les institutions républicaines jouent pleinement leurs rôles. Mais le cas spécifique de la Guinée est que l’Etat est incapable de respecter le calendrier électoral. C’est tout cela qui fragilise l’atmosphère sociopolitique et qui entrave la quiétude sociale. Les députés peuvent siéger jusqu’à la prochaine élection. C’est légal, mais ce n’est pas légitime. Leur mandat est terminé ils doivent partir. Mais comme la loi leur permet de rester en attendant l’installation de la nouvelle équipe alors ils resteront mais ils ne pourront plus être un contrepoids majeur face aux actions du gouvernement. Voilà le problème. Et la seule attente républicaine qui leur reste est de pousser le gouvernement à organiser les élections législatives le plus rapide.

Mais est-ce que vous êtes satisfaits du bilan de cette Assemblée nationale ?

Non ! Les députés ont raté leur mission. Ils ont oublié la population grace à laquelle, ils sont arrivés à l’hémicycle. L’entrée en fonction de l’actuelle Assemblée nationale n’a rien changé à notre niveau.

Quel regard faites-vous de la gouvernance actuelle du pays?

La gouvernance actuelle est plus ou moins bonne. Tout dépend de l’angle par lequel on l’observe.
Sur le plan politique l’atmosphère est tendue. Le monde est fixé sur la limitation du mandat présidentiel. L’inquiétude sur le respect des règles constitutionnelles qui font l’objet de violation répétées depuis l’arrivée de Alpha Condé au pouvoir. Sur le plan scolaire éducatif c’est déjà la débandade, chaque année les élèves perdent 2 mois au moins sur les 9.
Sur le plan social c’est l’ethnocentrisme qui bat un record. Jetez un coup d’œil sur les réseaux sociaux, vous aurez peur de certains guinéens.
Sur le plan administratif vous êtes témoins de la manipulation des fichiers des fonctionnaires, de la vente des matricules et tant d’autres.
Sur le plan économique c’est la disette. La pauvreté est générale et le niveau de vie ne fait que baisser. La preuve en est que la Guinée occupe la première place dans l’immigration clandestine ces dernières années. Ce qui est très grave pour l’avenir du pays.
Sur le plan infrastructurel, il y a des progrès certes qu’il faut reconnaître. L’amélioration de la fourniture d’électricité, l’ouverture des établissements hôteliers, la relance des constructions routières, la rénovation de certains bâtiments de services publics, l’ouverture des projets miniers etc. Mais hélas, ces infrastructures n’ont pas d’impacts majeurs sur le panier de la ménagère.
Par ailleurs, on constate avec amertume le regain de l’insécurité et le grand banditisme.
Quant aux ordures, le gouvernement a prouvé son incapacité de gérer l’un des secteurs les plus vitaux du quotidien. On a l’impression que la crise des ordures constitue la vache laitière de certains caciques du pouvoir d’alpha Condé.

Quel est votre point de vue sur la baisse du prix du carburant de 500GNF ?

Par rapport à la baisse du prix du carburant, c’est cela l’une des preuves irréfutables de la faiblesse de la gouvernance de monsieur Alpha Condé. Il ne tient pas ses promesses, ne se fie pas à la réalité du terrain et ne respecte pas ses engagements. C’est déplorable. Sinon même si le gouvernement vend le litre à 5.000 fg, il bénéficie largement.
Mais Alpha est à l’image des présidents africains qui pour se maintenir au pouvoir cherchent à briser l’élan du peuple en le serrant jusqu’à lui faire oublier l’essentiel au profit de ce qui n’est pas important. C’est regrettable.

Entretien réalisé par Amadou Diallo

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