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Qui est Nestor KAGBADOUNO ? D’un simple assistant à l’aube de sa carrière, il devient par la suite homme politique et Directeur dans une université de la place.

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« Quand tu te fixes un objectif, dis-toi que c’est une obligation morale. Il faut rêver et avoir un modèle ».

C’est avec ces mots inspirants que cet homme d’une grande vision a retracé son histoire à nos reporters.

Parlez-nous de vos débuts ?

Ce qu’il faut dire, j’ai été scolarisé à l’école missionnaire de Brouadou, j’ai eu à passer un certain nombre d’années avec les prêtres qui nous ont appris à bas âge l’éducation qu’un homme doit pouvoir bénéficier pour qu’il puisse réaliser ses rêves.

Comment -vous êtes-vous adapté à deux éducations qui quelques fois sont différentes ?

L’éducation tournait au tour de tout ce qui est religion, la confiance en Dieu et aussi comment aimer son prochain et après bien entendu, pendant mes tout premiers pas à l’école, mon papa a exigé que je sois auprès de lui dans mon village à 42 km de Kissidougou. J’ai continué le collège difficilement, j’ai pu m’adapter parce que vous imaginez que vous quittez l’école des missionnaires. Beaucoup pensaient que je suis un demi Dieu  parce qu’en ce temps ont trouvait difficilement des jeunes qui parlaient français donc les gens m’enviaient beaucoup. Mais à cause de mo n papa j’ai pu m’adapter et très tôt dès la 8ème j’ai compris que je ne pouvais pas rester au village. Comme je voulais réaliser mes rêves, je suis venu donc à Kissidougou.

Comment vous y avez passé votre séjour ?

J’ai fait la 9ème  année et j’étais avec le même tuteur qui m’a encadré quand j’étais au village profond. Après, ma grande sœur a décidé que je  sois avec elle. Et ça c’est à Kissidougou ville où j’ai réussi à décrocher mon BEPC. Le Lycée je l’ai fait ici à Conakry au lycée Yimbaya. Ce n’était pas facile parce que quand j’ai quitté Kissidougou je pensais pouvoir étudier dans une école prestigieuse, heureusement grâce à un de mes oncles paternels qui a eu le courage trois mois après de m’amener au lycée yimbaya. De là-bas j’ai décroché le BAC, chose qui m’a permis d’intégrer l’université de sonfonia où j’ai commencé mes premiers pas en droit donc je suis juriste de formation.

Une fois à l’université, qu’est-ce qui vous a préoccupé ?

La question qui m’a préoccupée c’est de savoir que vais-je mettre en œuvre, mais je me suis dit de  chercher à bien apprendre pour un premier temps  et chercher à côtoyer les grandes personnes pour voir vraiment quelle devait être la personne de référence pour moi. C’est pourquoi, à partir de la première année j’ai vu Mr feu George Gandhi TOUNKARA, je me suis dit que de par sa façon de parler avec le respect qui s’impose en lui, j’ai compris qu’il était ma référence. J’ai décidé de me battre pour que je sois comme lui. Très tôt en première année j’étais chez un oncle qui était président du conseil économique et social mais il ne suffisait pas que je reste chez lui pour dormir sous la climatisation ou de regarder tout le temps la télé.

Depuis votre village natal, vous avez toujours changé de lieu pour améliorer les conditions, mais est-ce que tout a été rose ?

Très tôt j’ai quitté la famille pour aller rejoindre un ami à sonfonia. Je vous avoue que c’est le moment le plus difficile que j’ai vécu parce que là où logeait mon ami, il n’y avait ni matelas, ni armoire, sinon qu’une chaise et une table. Il était majeur de sa promotion et quand  on est entré en contact j’ai passé des nuits blanches. Les lézards tombent sur nous pendant que nous étions couchés. Je me suis dit dans tout ça Qu’il fallait que je souffre et j’ai essayé de m’adapter. C’est en ce moment que les résultats de premier module sont sortis et là quand mon oncle a vu mes résultats il a décidé de venir me voir pour une première fois. Quand il a vu où je logeais, il a hésité d’entrer. J’ai continué ce combat avec mon ami qui m’a donné les premières notions en droit ; il m’a appris comment il faut s’adapter au système universitaire pour sortir grand. En deuxième année je me suis dit que cet homme m’a beaucoup aidé pour devenir un Ghandi professeur d’université, homme de culture, homme politique à partir de la troisième année j’ai commencé à assister un professeur à qui je reste redevable en la personne de  Mr Kandass CONDE en troisième année et au deuxième module déjà, j’étais titulaire à Ghandi et à Mercure donc j’avais mes propres cours. Je bénéficiais d’un montant de 200 à 300 mille francs guinéens par mois. A partir de la quatrième année, c’est vrai que je n’avais plus le temps de suivre les cours à l’université mais ce que je cherchais à réaliser dans d’autres universités me rendais plus apte et me permettait de comprendre facilement le cours. Quand j’ai terminé, au moment même  où je préparais ma soutenance j’ai appris qu’on organisait un concours à l’université Amadou Dieng.

C’est peut-être le début de votre carrière ?

Il faut comprendre que c’est une université qui ne recrute qu’à la base d’un concours, donc nous étions nombreux. Après le test, on m’a recruté. Je vous avoue que je n’avais pas de diplôme. Donc ils m’ont demandé mon diplôme pour des questions d’établissement du contrat, il fallait que je mente parce que je cherché mon premier boulot boc360_2016-02-24-22-01-27-687n je leur ai dit que mon diplôme a été brulé mais que j’ai engagé une procédure et que bientôt je l’aurai. C’est après quelques mois de cela que j’ai soutenu à l’université de sonfonia, j’ai eu la chance d’être majeur de ma promotion chose qui m’a d’ailleurs permis d’évoluer vite.

A l’université Amadou Dieng on m’a retenu comme chef de département. Quelques temps après on ma nommée vice doyen de la faculté des sciences juridiques, économiques et humaines ; par la suite, je suis devenu doyen de la faculté. Entre 2012, 2013 j’étais là-bas à cheval entre l’université Amadou Dieng de Bintourayah et celle de Sangoyah qui avait ouvert ses portes. Entre 2014 et 2015 on m’a nommé directeur des études et la même année je suis devenu le directeur général du campus Amadou Dieng de Sangoyah.

Quel regard portez-vous sur cette brillante et rapide évolution ?

J’ai compris que j’avais réalisé une partie de mes rêves : être professeur d’université comme Ghandi. Je me suis dit qu’il est un homme politique également donc il faut que je le devienne chose d’ailleurs qui m’a poussé à faire les études en droit. Il faut dire clairement que je devais comprendre les normes du registre du fonctionnement  l’Etat et les rapports qui peuvent exister entre l’Etat et les particuliers, une façon de comprendre mes prérogatives et mes limites donc je me suis engagé dans le monde politique.

Votre entrée en politique, parlez-nous-en. ?

Très tôt on m’a confié le poste de chargé des questions électorales du parti UGDD de Ghandi. Quand nous avons commencé à faire nos premiers pas, les membres du bureau exécutif ont compris qu’ils ont du nouveau sang dans l’équipe et ce nouveau sang pouvait hisser le parti à un certain niveau donc il faut bien entendu qu’on lui donne la place qu’il faut donc ils ont décidé à l’unanimité que je devienne secrétaire politique.

Quelques mois après, on devait aller aux élections présidentielles, du coût, on a tenu le congrès national et toutes nos structures à la base à N’Nzérékoré, ça s’était en mois de Mars et au cours de cet congrès je me suis présenté pour quelques postes comme secrétaire général par exemple et j’ai été élu à l’unanimité. Aujourd’hui Mr GHANDI qui était une référence pour moi est parti et ils nous restent beaucoup à faire pour suivre ses pas.

Un conseil pour nos lecteurs ?

Vous savez dans la vie il faut se fixer des objectifs, il n’y a pas de miracle. Quand vous donnez certains conseils, les gens pensent que vous n’êtes pas croyant. Il ne faut pas coller tout ce qui est échec ou réussite à la fatalité, il faut juste comprendre que l’homme est son propre conducteur et maître de son destin ; fixe toi des objectifs. Moi par exemple j’ai fait droit pour être un homme politique,  je le suis aujourd’hui, donc on ne peut pas parler de politique en guinée sans parler de moi.

Donc le seul conseil que je vais donner img_20160304_081706aux jeunes c’est d’être combatif dans la vie, il ne faut pas pour une première fois que tu échoue et tu te décourage. Il faut rêver et avoir un modèle, les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas d’ambition. Tu veux travailler dans les institutions internationales c’est de l’ambition et toi tu pars faire telle autre option qui n’est même pas en relation avec ce que tu veux devenir. Quand tu te fixes un objectif dis toi que c’est une obligation morale, si tu ne réussis pas c’est que tu as échoué et quand tu échoues, essaie de définir la source de ton échec pour que tu vois une panoplie de stratégies qu’il faut envisager pour pouvoir aller  de l’avant et surmonter ces handicaps.

En somme :

Il fant qu’on cherche à se faire immortaliser dans ce pays moi je me dis que Dieu nous aime, il nous a doté de certaines choses naturelles, s’il te donne la chance dès l’université tu commences à enseigner, avant que tu ne termines tu es chef de département, moins de 30 ans tu es doyen de faculté et après ça directeur général avec tout ce monde je pense qu’il faut que je saisisse cette opportunité.

Sincèrement avec tout ce que je vois aujourd’hui, peut-être vous-vous êtes fondés sur un certain nombre de critères pour dire que je peux paraitre sur ce site comme un modèle de réussite. Je vous en félicite énormément et sincèrement je suis touché positivement. ça me donné l’envi d’avantages de continuer ce combat.

Grand merci d’être venu. Beaucoup dans les universités m’invitent  pour effectivement parler de comment j’ai réussi mais c’est une première fois qu’un media me tende le micro, donc encore une fois merci.

 

Source : www.modeledereussite.com

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