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DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE DE DR. IBRAHIMA KASSORY FOFANA, PREMIER MINISTRE ( DISCOURS INTEGRAL)

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Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions Républicaines,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Membres des Corps Diplomatique et Consulaire,

Distingués invités,

C’est avec beaucoup de fierté, mais non sans humilité, qu’il m’est permis de présenter

la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement devant votre auguste

Assemblée.

Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha CONDE,

a bien voulu porter son choix sur ma modeste personne pour les hautes fonctions de

Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Vous me permettrez donc, honorables députés, de lui exprimer solennellement devant

votre Assemblée, ma profonde gratitude pour cette marque de confiance et lui réitérer

tout mon engagement patriotique à servir la nation guinéenne du mieux que je pourrai.

Je voudrais exprimer toute ma fierté à travailler avec SEM le Président de la

République, cet homme d’une grande dimension. En effet, le Professeur Alpha

CONDE a une vision, une ambition pour notre pays, Honorables Députés.

Je partage son projet de société qui vise à inscrire résolument la Guinée dans la

modernité et en faire une destination privilégiée en Afrique.

Vous l’avez compris, je suis honoré de participer, à ses côtés, à la noble entreprise

de construction d’une Guinée meilleure, pour toutes ses filles et fils, dans la fraternité

et la solidarité.

C’est dans cette perspective, j’ai tenu, dès ma prise de fonction, à rencontrer les

Institutions Républicaines, dont votre auguste Assemblée dans le but de renforcer et

d’amplifier la synergie dans une collaboration indispensable et souhaitable entre nos

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différentes Institutions pour rechercher ainsi les meilleures pratiques de gouvernance

possibles pour notre pays.

C’est vous dire combien le dialogue social me tient à cœur et combien il me parait

essentiel dans la période actuelle. Car, si les intérêts des différents acteurs peuvent

être divergents, seul le dialogue social et politique reste le cadre de concertation pour

assurer une bonne gouvernance visant à promouvoir la justice sociale, les relations

professionnelles équitables, le développement durable et la quiétude sociale.

Comme vous le savez, notre Constitution en son article 58 alinéa 3, confère au

Premier Ministre Chef du gouvernement la responsabilité de la promotion du dialogue

social. Il doit veiller à l’application des accords avec les partenaires sociaux et les

partis politiques, je m’y engage.

C’est la raison pour laquelle, je poursuivrai le dialogue entrepris avec les partis

politiques et les partenaires sociaux, car ceci me semble être la condition essentielle

pour la réussite de la politique économique et sociale à mener.

Il n’y a pas de développement sans paix. C’est pourquoi, Honorables Députés, je vous

tends une main fraternelle pour accompagner le Gouvernement dans ses efforts de

construction d’une Guinée unie dans la paix, forte dans la synergie entre les

institutions républicaines et prospère dans la conduite de sa politique économique et

sociale.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

L’histoire récente de notre pays reste marquée de tensions, de violences et de

convulsions politiques et sociales récurrentes. Cette situation porteuse en soi de

risques sur la paix, l’unité nationale et la cohésion sociale a déjà conduit aux

conséquences aussi fâcheuses que mort d’hommes et destruction des acquis

économiques.

Je voudrais saisir la présente occasion pour avoir une pensée solidaire pour les

victimes des différents mouvements sociaux, toutes les victimes, filles et fils de ce

pays, dont la disparition est une immense perte, pour les familles ainsi que pour la

Nation.

A ces familles éplorées et au peuple de Guinée endeuillé, je présente les sincères

condoléances de SEM le Président de la République, les miennes propres et celles

du Gouvernement.

Je vous prie d’observer, avec moi, une minute de silence à la mémoire des disparus.

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Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Une déclaration de politique générale est, par définition un exercice fastidieux.

Cependant, dans les circonstances actuelles, la tâche semble relativement aisée dans

la mesure où les contours de ladite politique générale sont déjà fixés par le Président

de la République.

Mon propos s’interdira de réinventer la roue dès lors que la vision politique et les

stratégies qui la sous-tendent sont énoncées par le Président de la République.

Celles-ci sont traduites en effet dans la vision stratégique 2040 et recadrées sur un

horizon à moyen terme (2016-2020) dans le Plan national de développement

économique et social (PNDES), qui a déjà recueilli votre approbation.

Le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) prend en compte

le programme économique. A travers l’élaboration du PNDES, la Guinée s’est dotée

d’un instrument susceptible de donner une nouvelle impulsion à sa politique de

développement. La stratégie à la racine de ce plan s’appuie sur un programme de

redressement et de développement économique à la fois volontariste et réaliste fondé

sur l’investissement privé et public. Ce plan identifie les sources porteuses de

croissance et tient compte des avantages comparatifs du pays.

C’est pourquoi, il reste le document-cadre de la politique économique et sociale que

mon Gouvernement s’emploiera à mettre en œuvre.

À cet égard, je me permettrai, avec votre permission, d’avoir quelques mots de

reconnaissance pour les Gouvernements qui ont précédé le mien et à toutes les

équipes qui ont accompagné le Président de la République, depuis son accession à

la magistrature suprême, y compris l’Assemblée Nationale.

Il convient en effet de mettre au crédit de mes prédécesseurs la stabilisation de la

politique macroéconomique depuis 2010. Les grands indicateurs ont connu une

évolution favorable. En dépit du choc économique causé par la crise Ebola,

l’économie a repris sa dynamique positive avec un taux de croissance qui a dépassé

les 8% en 2016, une inflation et une dette dont l’évolution reste sous contrôle et un

niveau de réserves de change dans la fourchette recommandée par le Fonds

Monétaire International (FMI).

La vocation de mon Gouvernement est maintenant de consolider ces acquis et de

corriger les faiblesses de manière à accélérer la mise en œuvre du PNDES.

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Comme vous le savez, Honorables députés, j’ai fait le choix, en 2014, d’accompagner

le Président de la République. La cohérence avec ce choix et l’honnêteté qui en

découle exigent que je m‘arrête quelques instants sur les acquis des Gouvernements

qui nous ont précédé.

Sous le leadership du Président Alpha CONDE, beaucoup a été fait et souvent bien fait

au bénéfice de la Guinée et des Guinéens.

En effet, face aux enjeux économiques et sociaux de l’époque, marqués par une

pauvreté généralisée, des déséquilibres macroéconomiques et la stagnation de

l’économie, le leadership du Président Alpha CONDE aura permis de restaurer les

équilibres économiques, de redonner confiance à la communauté internationale,

d’asseoir les bases d’un État de droit et de placer ainsi la Guinée dans la trajectoire

d’une croissance forte et soutenue.

La stabilisation de la politique économique depuis 2010, les avancées significatives

en investissements traduits notamment dans les barrages hydroélectriques, de même

que les initiatives présidentielles dans l’agriculture et la relance du secteur minier, sont

sans doute l’expression la plus palpable de la transformation économique en cours.

Le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) donne le

témoignage de l’impulsion d’un véritable changement de paradigme dans l’évolution

économique et sociale de la Guinée. Il me plait de relever que le PNDES bénéficie du

soutien des partenaires techniques et financiers de la Guinée, avec des engagements

de financement d’un montant de 21 milliards de dollars US. Ce plan est aussi conforté

par l’Accord Cadre historique avec la Chine d’un montant de 20 milliards de

dollars US.

Vous conviendrez dès lors que la mise en œuvre du PNDES sera la matrice de l’action

du nouveau Gouvernement. Tous les efforts seront déployés pour poursuivre les

réformes entreprises et garantir l’exécution des objectifs du Plan par l’accélération

des décaissements sur les financements extérieurs négociés ou en voie de l’être afin

de promouvoir une croissance inclusive et partagée par le plus grand nombre de nos

concitoyens.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le PNDES est ainsi l’expression achevée, peut-on dire, du projet de société du

Professeur Alpha CONDE, lequel vise l’objectif à terme de faire de la Guinée un pays

émergent, une société moderne et démocratique, ouverte sur le monde et

respectueuse des valeurs universelles.

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C’est bien conscient des enjeux ainsi évoqués que mon Gouvernement s’engage à

consolider les bases de la transformation structurelle de l’économie nationale, et à

renforcer la cohésion sociale par voie de recours systématique au dialogue social.

Les défis comme vous pouvez l’imaginer restent nombreux.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Les discours conventionnels et les propos mielleux ne sont pas de mise. Le premier

devoir de l’homme politique du monde contemporain est de dire la vérité. Et la vérité

est que notre pays est à la croisée des chemins, de nombreux défis restent à relever

sur les plans économique, politique et social.

La réalité des progrès enregistrés de la gouvernance du Professeur Alpha CONDE

que j’ai évoquée, tantôt, n’a pas encore permis d’impulser un véritable changement

de paradigme et de renforcer la confiance dans l’action publique. Il en est ainsi parce

que les effets des succès économiques restent inachevés si on en mesure l’impact

sur la réduction de la pauvreté et des inégalités économiques et sociales qui, à bien

des égards, se sont parfois aggravés.

Mon Gouvernement prêtera davantage attention à la réduction de l’extrême pauvreté,

telle que reflétée dans le taux de mortalité infantile, la malnutrition, l’analphabétisme,

l’habitat social, la sécurité des populations et de leurs biens, leur santé, de même que

le chômage endémique des jeunes en particulier.

Le mandat donné à l’équipe gouvernementale par le Chef de l’État est de traduire les

performances macroéconomiques en réalités microéconomiques positives en termes

de pouvoir d’achat de chaque foyer ou famille guinéenne, de chaque entreprise ou

unité de production de biens ou de services en Guinée.

Monsieur le Président,

Honorable Députés,

Le Plan National de Développement Économique et Social que vous avez bien voulu

adopter se veut un plan intégrateur des différents cadres stratégiques ou

programmatiques de développement.

De façon spécifique, la stratégie du PNDES s’articule autour de quatre piliers de

développement qui constitueront les axes principaux de l’action gouvernementale. Il

s’agit de :

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  1. La promotion d’une bonne gouvernance au service du développement durable ;
  2. La transformation économique durable et inclusive ;
  3. Le développement inclusif du capital humain ; et
  4. La gestion durable du capital naturel.

Qu’il me soit permis de décliner dans les grandes lignes les approches auxquelles

mon Gouvernement envisage de recourir pour la mise en œuvre de ces piliers et

vaincre ainsi les défis du développement.

L’un des tous premiers défis est la promotion d’une bonne gouvernance au service

du développement durable.

Il s’agira de consolider l’État de droit, de promouvoir la démocratie, d’assurer la

sécurité et la cohésion sociale pour asseoir l’autorité de l’État qui fait cruellement

défaut aujourd’hui, et rendre à terme l’action publique plus efficace et plus forte.

Mon Gouvernement consacrera beaucoup de temps et d’efforts à promouvoir l’État

de droit et l’accès de tous à une justice équitable. Nous poursuivrons les réformes

entreprises pour améliorer le système judiciaire. À cet égard, le tribunal de commerce

sera rendu opérationnel avant la fin de l’année.

Le Gouvernement renforcera par ailleurs les capacités opérationnelles des services

de sécurité dans le cadre d’une stratégie nationale de lutte contre la criminalité.

Nous regrettons tous, Honorables Députés, la recrudescence de la criminalité qui a

atteint en effet des proportions inquiétantes dans nos villes et villages. Les voleurs et

autres coupeurs de route entretiennent un climat de terreur dans la cité. Nous y

travaillerons avec vigueur.

Je voudrais vous donner l’assurance ici et maintenant qu’aucun crime ne restera plus

impuni.

Les sévices et la mort cruels infligés récemment à El hadj Doura Diallo, arraché à

l’affection des siens, et tous les autres crimes de ces dernières années, élucidés ou

non connaitront des suites judiciaires appropriées. J’ai demandé au Ministre de la

Justice d’étudier la possibilité d’organiser dans les prochains mois un procès des

gangs à l’image de celui réussi il y a une vingtaine d’années avec le procureur de la

République d’alors feu Alphonse Aboly et le Juge Me Doura Cherif.

La conséquence heureuse dudit procès de gangs, l’on s’en souvient encore, a sonné

le glas du crime organisé en Guinée et pour de longues années qui ont suivi le procès.

La recrudescence du fléau interpelle aujourd’hui mon Gouvernement pour inscrire le

combat contre le crime organisé sur la short list de ses priorités.

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À cet égard, j’en appelle à une collaboration étroite entre les services de sécurité et

le système judiciaire. Cette collaboration est un facteur clé pour le succès du

rétablissement de l’autorité de l’État et la sécurité des personnes et de leurs biens.

Ce dispositif ne se fera pas au détriment de la défense des libertés fondamentales à

commencer par l’accès du public à l’information. Mon gouvernement s’investira dans

l’amélioration de la couverture du territoire par les médias publics et privés en

développant des infrastructures de communication audiovisuelle.

Il poursuivra le renforcement des capacités des professionnels des médias.

L’efficacité du secteur est essentielle pour garantir les libertés et le processus

démocratique.

La Guinée comme vous le savez a été l’un des premiers pays à adopter les règles et

principes pour protéger chaque citoyen devant la cyber criminalité, nouveau fléau des

temps modernes pour lequel mon Gouvernement prêtera une attention soutenue.

Monsieur le Président,

Honorables Députes

Rétablir l’autorité de l’État c’est mener une lutte sans répit contre la CORRUPTION et

promouvoir LA BONNE GOUVERNANCE.

Selon le rapport 2011 de l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption, repris par

celui de 2017, le volume des pots de vin pour la Guinée avoisine en moyenne 600

milliards de francs guinéens chaque année. La même source indique que les

opérateurs économiques déclarent avoir payé près de GNF 500 milliards par an en

paiement non officiel et 75% des entreprises affirment faire des cadeaux pour obtenir

des contrats. Nous devons mettre fin à ces déperditions financières.

Il ne saurait y avoir de développement économique viable sans une lutte efficace

contre la corruption.

C’est pourquoi, je mets au centre de l’action gouvernementale la lutte contre la

corruption pour traduire dans la réalité la vision du Chef de l’État pour une gestion

parcimonieuse des finances publiques, de façon à investir plus efficacement dans

l’amélioration des conditions de vie des populations. Pour cette raison, ma politique

sera d’une tolérance zéro contre la corruption. C’est cela mon engagement vis-à-vis

du Président de la République. C’est cela l’engagement du Président de la République

vis-à-vis du peuple de Guinée.

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Monsieur le Président

Honorables Députés

Dans ce noble combat contre ce fléau, notre pays dispose déjà de nombre

d’Institutions et d’instruments juridiques et règlementaires : la Cour des comptes,

l’Inspection générale d’État, l’inspection générale des finances, l’Autorité de régulation

des marchés publics, l’Agence nationale de lutte contre la corruption, l’Agent judicaire

de l’État, etc…

En 2017, votre auguste Assemblée a voté la Loi L/2017/041/AN portant prévention,

détection et répression de la corruption et des infractions assimilées pour permettre à

ces Institutions de mieux fonctionner.

J’inscris l’application de cette Loi dans le cadre du programme d’actions prioritaires

du Gouvernement afin de promouvoir la bonne gouvernance.

Nous nous appuierons sur ces instruments pour appliquer des mesures destinées à

éradiquer le virus de la corruption en Guinée.

Au niveau de la gouvernance locale, la déconcentration et la décentralisation seront

renforcées parce qu’étant des éléments constitutifs d’une gestion transparente des

collectivités locales.

Ces collectivités locales, se situant dans un rapport de proximité avec la population,

connaissent mieux les besoins de celle-ci et de ce fait, sont mieux outillées pour y

répondre.

C’est pourquoi, mon gouvernement veillera sur le transfert des compétences et des

ressources au niveau local.

Monsieur le Président

Honorables Députés

Vous conviendrez avec moi que la réalisation des engagements que je viens

d’évoquer ne sera possible qu’avec une administration performante animée par des

ressources humaines compétentes et motivées.

C’est la raison pour laquelle nous poursuivrons les efforts de rationalisation des

départements ministériels et le redéploiement des agents publics. À cet effet, les

textes d’application de la loi portant statut général des agents publics seront élaborés

et la Loi L028 du 31 janvier 2001 portant statut général des fonctionnaires sera mise

à jour.

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De même, le projet Banque de données sur les compétences de l’expertise guinéenne

et de la diaspora sera actualisé afin d’être efficient dans chacun de nos choix pour

atteindre cet objectif d’une Guinée performante.

Il sera par ailleurs mis en place des plateformes de concertation sur le plan de la

décentralisation et de la déconcentration avec les secteurs de l’Éducation, de la Santé

et de l’Urbanisme-Habitat.

L’Administration du territoire et de la décentralisation constitue le socle de notre

développement. Le gouvernement continuera à appuyer les initiatives du Président

de la République à travers les fêtes tournantes de l’indépendance par la réalisation

des infrastructures de base. Il est à reconnaitre que ces infrastructures sont

aujourd’hui les premiers facteurs de restauration de l’autorité de l’État.

Le Gouvernement poursuivra le dialogue politique pour renforcer le Comité de suivi

des accords politiques dans la mise en œuvre des recommandations issues de ces

accords.

Il accélérera la professionnalisation des administrateurs territoriaux pour passer d’une

administration de commandement à une administration de développement.

Monsieur le Président

Honorables Députés

Comme vous le savez, l’assainissement est l’une des faiblesses de nos collectivités.

En raison des dégâts causés en période des grandes pluies dans nos centres urbains,

particulièrement à Conakry, des déchets obstruent les caniveaux et les réseaux

d’évacuation des eaux de pluie et des eaux usées, affectant ainsi la santé des

populations et provoquant des éboulements et des inondations dans certains quartiers

enregistrant parfois mort d’hommes.

Le Gouvernement a mis en place un plan d’urgence pour répondre sans délais à cette

préoccupation. Je veillerai particulièrement à l’exécution de ce plan.

Par ailleurs, pour circonscrire les risques de conflits avec les pays voisins, le

gouvernement s’emploiera à accélérer le processus de matérialisation des frontières.

Monsieur le président

Honorables députés

L’action gouvernementale portera aussi sur l’amélioration de la gouvernance

économique.

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Pour garantir la mobilisation optimale des recettes publiques, mon gouvernement

s’engage à atteindre les niveaux de financement requis à travers la mobilisation des

recettes fiscales et administratives ainsi que la maîtrise des dépenses publiques.

Je veillerai à faire respecter les procédures de gestion des finances publiques et à

renforcer plus efficacement le contrôle de la dépense publique.

Je veillerai, par ailleurs, au niveau local à ce que le transfert des ressources et des

compétences soit effectif suivant les instruments prévus par le code des collectivités

décentralisées notamment les plans de développement local, les programmes

annuels d’investissement et les budgets des collectivités.

Nous sommes conscients de l’enjeu de la participation des populations dans la

gouvernance locale. Nous mettrons en place un dispositif institutionnel en relation

avec les collectivités afin qu’elles disposent de capacités suffisantes pour assumer

leur rôle.

L’appui au secteur privé qui joue un rôle prépondérant dans la création de richesse

et d’emplois, sera au centre de nos préoccupations pour que ce secteur joue le rôle

qui est le sien. À cet égard, le Gouvernement poursuivra la mise en œuvre des

politiques publiques visant à garantir un environnement des affaires plus incitatif à

l’investissement privé.

Nous entendons mener une politique plus agressive de développement du partenariat

public-privé qui apparait comme la solution alternative à l’insuffisance des ressources

propres de l’État et l’aide publique au développement.

Nous veillerons par ailleurs à entretenir une étroite collaboration avec la société

civile. Nous l’appuierons dans son rôle majeur de médiation. Nous renforcerons ainsi

sa fonction de veille citoyenne dans les situations de conflits sociaux.

Le Gouvernement veillera à ce qu’elle soit associée aux contrats de partenariats, à la

mise en œuvre et au suivi des programmes et projets de développement.

Dans le domaine économique, je prendrai toutes les mesures permettant d’assurer

le pilotage du programme appuyé par la Facilité Élargie de Crédit avec le FMI. Je

m’assurerai du respect des obligations issues du programme en cours.

Honorables Députés, je suis heureux de vous informer que le Conseil d’Administration

du Fonds Monétaire International a, dans sa dernière session avant hier 18 juin 2018

à Washington, confirmé la revue du programme économique de la Guinée. C’est une

victoire pour la Guinée. C’est un succès additionnel pour le Président de la République

dans l’exécution de son agenda économique pour la Guinée.

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Le Gouvernement intensifiera la formation afin de renforcer les capacités

professionnelles et l’intégrité des agents de l’État par l’adoption du Pacte d’Intégrité

de Transparency International, l’implantation d’un Système de Contrôle par les

Citoyens et l’Introduction d’un Mécanisme d’Évaluation des collectivités territoriales.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

La transformation de la structure du système productif guinéen est un autre grand

défi.

Les avancées en termes de transformation économique demandent encore à être

amplifiées.

Le dynamisme du secteur minier, 21% du PIB et 90% de nos exportations, n’a pas

encore permis de sortir ledit secteur de son « insularité » par rapport au reste de

l’économie.

Le secteur minier n’occupe en effet que 3% de la population active. Le marché du

travail et le système éducatif guinéens ne permettent pas, à ce stade, de répondre

aux besoins de main-d’œuvre qualifiée exigés par les activités minières.

Il appartiendra d’accorder une attention particulière à la problématique de

diversification tant de l’ensemble de l‘économie qu’au sein même du secteur minier,

dont la production devrait se diversifier au-delà de la bauxite et l’or, et privilégier le

développement de la chaîne de valeurs par la transformation sur place en produits

finis ou semi-finis.

Par ailleurs, en dépit de l’impulsion politique donnée au secteur agricole par le

Président de la République, l’agriculture guinéenne tarde à amorcer un décollage

d’ampleur. La part de l’agriculture dans la création de richesse stagne à 19%. Les

efforts financiers consentis, 6% du budget de l’Etat, restent modestes.

L’autosuffisance en riz, qui reste l’un des principaux objectifs stratégiques de la

politique menée, devra faire l’objet d’une attention particulière de la part du

Gouvernement.

Une augmentation plus importante des productions vivrières nous permettra

probablement d’infléchir de façon décisive la courbe des importations en riz, ainsi

qu’une plus grande dynamisation des productions de coton, de café et de l’anacarde

qui permettra d’accroître les exportations.

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Nous travaillerons sur la législation foncière, particulièrement le foncier rural pour

faciliter l’accès à la propriété foncière rurale, réduire les risques d’investissement dans

le secteur agricole et promouvoir les projets d’agro business.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Honorables Députés,

Notre plus grand défi, incontestablement, réside dans le développement des

infrastructures, en particulier énergétiques et de transport, qui s’opère à un rythme

insuffisant.

Le taux d’électrification reste à 26%, voire 11% dans les zones rurales.

Sous l’impulsion du Président de la République, les investissements pour le

développement des infrastructures ont pourtant été considérables depuis 2010.

Dans le seul secteur de l’énergie, les barrages de Kaleta, de Souapiti et de Amarya

vont ajouter au total 1000 MW aux capacités énergétiques de notre pays d’ici 2020,

en nécessitant plus de 3 milliards de dollars d’investissements.

Par ailleurs, plus de 800 kilomètres de routes ont été construits depuis 2010.

En s’inspirant de l’Éthiopie, du Rwanda et de la Côte d’Ivoire, il conviendra de mieux

revoir notre mix énergétique. La prépondérance des grands ouvrages, dont la mise

en œuvre et les financements sont complexes, expliquerait au moins en partie le

niveau de progression de notre politique énergétique.

Il nous appartiendra de l’optimiser. Le développement des solutions « off-grid », des

énergies renouvelables et l’extension du réseau existant apparaissent comme des

pistes non négligeables, que le Gouvernement ne manquera pas d’explorer plus

profondément.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale

Honorables Députés,

Notre environnement politique, économique et social est à nouveau source

d’inquiétude.

Après une relative accalmie, notre pays renoue avec les tensions. Outre les

revendications syndicales, les échéances électorales sont porteuses de risques,

comme l’attestent les contestations nées des dernières élections municipales du 4

février 2018.

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Le nouveau Gouvernement aura une lourde responsabilité dans l’anticipation des

échéances électorales à venir, notamment les législatives l’an prochain et les

présidentielles en 2020.

Les conditions pour une meilleure intégration du commerce dans le développement

seront créées et la contribution du tourisme, de l’hôtellerie, de l’artisanat et de la

culture à la création de richesse et d’emplois productifs sera accrue.

Nous saluons les efforts fournis pour notre sortie de la liste des pays non coopérants

en matière de Pêche INN. Le gouvernement mettra tout en œuvre pour rendre

conformes nos produits halieutiques aux normes internationales.

L’approvisionnement du marché local en produits de pêche notamment par la

poursuite de l’application de l’initiative Présidentielle en matière de pisciculture sera

une priorité. À cet effet, le Gouvernement favorisera des emplois pour les jeunes et

les femmes à travers la création et l’aménagement des étangs piscicoles dans les

quatre régions naturelles.

Le Gouvernement accordera une attention soutenue à la mise en œuvre d’actions

visant la modernisation du secteur de l’Élevage par la construction d’abattoirs

modernes dans toutes les capitales régionales. Il introduira l’insémination artificielle

notamment à Famoila.

L’organisation de la journée de l’élevage les 23 et 24 juin à Labé qui a été un grand

succès a défini les axes de développement de cette filière qui, pour citer Mr le

Président de la République, ‘’sera certainement une part intégrante de la 4ème

révolution industrielle’’. Nous veillerons à l’application des recommandations qui en

seront issues.

Monsieur le Président ,

Honorables Députés,

Un autre défi, c’est celui de reformer notre Administration pour qu’elle réponde aux

impératifs d’efficacité.

L’Administration guinéenne porte, une responsabilité singulière. En paraphrasant

Paul Valéry, vous me permettrez de dire que quand l’Administration est forte, elle nous

écrase ; quand elle est faible, nous périssons.

L’Administration guinéenne est aujourd’hui forte et faible.

Forte, l’Administration guinéenne est devenue hors de contrôle. Des pans entiers, en

son sein, se sont soustraits, de fait, à leur obligation de servir l’intérêt général, pour

se mettre au service d’intérêts particuliers.

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Faible, notre Administration l’est aussi. Elle est de moins en moins efficace,

vieillissante et inadaptée.

Nulle part dans le monde, il ne serait convenable que l’administration des choses

prenne le pas sur le gouvernement des hommes. La finalité première de l’action

administrative, c’est de mettre en œuvre la politique du Gouvernement. Nous y

veillerons très jalousement.

La neutralité et la réserve qui doivent caractériser l’action administrative seront

renforcées. Ainsi, aucun Ministre, aucun chef de service d’Administration centrale ne

sera désormais autorisé à parrainer une quelconque manifestation politique ou sociale

en dehors des périodes définies pour les campagnes électorales.

Bien entendu, les fonctionnaires ne sont pas des citoyens spéciaux. Ils ont, comme

l’ensemble des citoyens, des droits civils et politiques. Mais tout fonctionnaire

souhaitant exercer sa liberté politique au-delà des limites de son obligation de réserve

et de neutralité devra se mettre, temporairement, en disponibilité de l’Administration.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le train de vie indécent de certains cadres de l’État est devenu choquant.

L’Administration est le miroir de la société. Le temps de l’impunité est terminé. Là

aussi, la main de la justice guinéenne devra se montrer ferme. Les agents publics qui

se rendront coupables de faits de corruption auront à en répondre devant les

juridictions de notre pays et subir la rigueur de nos lois.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Un axe majeur de l’action gouvernementale portera sur le pilotage de nos finances

publiques, en particulier pour ce qui concerne la politique fiscale et la sécurisation des

recettes.

Une véritable « révolution fiscale » sera indispensable, à la fois pour dégager des

marges budgétaires en vue du financement des priorités économiques, mais

également pour moderniser la politique considérée et rendre les Administrations

économiques et financières plus performantes. Nous devrons envisager la

digitalisation de notre fiscalité afin d’être chaque jour plus performant comme l’ont

montré tous les pays ayant fait ce choix, pour atteindre une transparence fiscale et

des résultats positifs, bénéfiques pour tous.

La conférence d’Addis-Abeba, sur le financement du développement, a encouragé les

pays en développement à renforcer leurs capacités de mobilisation des

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ressources internes. Les recettes fiscales guinéennes sont actuellement d’un niveau

de 16% du

PIB. Conformément à « l’esprit d’Addis-Abeba », l’objectif du Gouvernement sera

d’atteindre 20% d’ici 2020.

Une dématérialisation complète des procédures de recouvrement des impôts et taxes,

l’implication des banques commerciales pour le recouvrement de certains produits

fiscaux, le déploiement d’une politique foncière stable, ainsi qu’un intéressement des

agents permettront, nous l’espérons, d’accroître considérablement les recettes

fiscales.

L’actuelle Direction Nationale des Impôts sera profondément réorganisée, pour mieux

répondre aux attentes d’une Administration fiscale moderne.

Le principe de base sera de créer une séparation étanche entre les contribuables et

les agents des impôts, qui ne devront plus être impliqués dans la perception des

impôts et taxes.

Comme on dit souvent en finances publiques, l’argent public doit brûler les doigts de

ceux qui le manient.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La question des nombreuses exemptions fiscales, dont le niveau devient inquiétant,

devra également être traitée.

Ces exonérations concernent le secteur minier au premier chef et coûtent à nos

finances publiques plus de 20% de recettes, alors même que leur pertinence

économique et sociale reste à démontrer.

Les lettres de mission des départements économiques et financiers que je suis sur le

point de signer accorderont une importance fondamentale à la réduction drastique

des exonérations fiscales. Une centralisation de l’octroi desdites exonérations sera

opérée auprès du Ministre en charge du Budget.

Enfin un groupe d’experts nationaux et étrangers sera constitué pour faire des

propositions en vue de la maîtrise de notre politique en matière d’exonérations.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

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16/27

La lutte contre les stratégies d’évitement fiscal mises en œuvre par les grandes

entreprises multinationales opérant en Guinée retiendra notre attention.

Le Fonds monétaire international (FMI) estime à 200 milliards de dollars la perte de

recettes fiscales par les pays en développement en raison des comportements

d’évitement fiscal pratiqués par les grandes entreprises internationales.

Pour l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), les

pertes des pays en développement du fait de l‘évasion fiscale sont trois fois plus

élevées que leurs ressources d’aide publique au développement.

Le Gouvernement veillera à ce que l’imposition des grandes entreprises

internationales opérant en Guinée dépende davantage de la réalité de leurs activités

économiques dans notre pays, et non de montages artificiels ayant pour objet

d’aggraver la situation de nos comptes publics.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Nous prêterons une attention particulière aux petites et moyennes entreprises,

indispensables à la vitalité du tissu économique et à l’emploi.

Un cadre structuré d’actions sera déployé pour réduire la taille encore trop grande du

secteur informel.

Le secteur privé est un allié incontournable dans la mise en œuvre de la politique

économique. Son développement est la condition sine qua none de la réussite de

l’action gouvernementale. Tout sera mis en œuvre pour continuer à faciliter les

conditions dans lesquelles nos opérateurs économiques exercent leurs activités.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La récente mission du Fonds monétaire international a montré les failles

problématiques de notre dispositif de pilotage des finances publiques.

Les Départements ministériels en charge de l‘Économie, des Finances et du Budget

feront dans les prochaines semaines des propositions pour davantage sécuriser nos

recettes, pour moderniser les circuits de paiement, et pour exercer un suivi plus

adapté des relations entre le Trésor et la Banque centrale.

Aussi, le département ministériel concerné prêtera une attention plus adaptée au

pilotage des dépenses budgétaires, à travers une rationalisation de l’action des

nombreuses régies financières, et, de manière plus générale, au suivi de l’évolution

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17/27

des masses budgétaires et à l’évaluation des efforts financiers consentis par l’État.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La politique fiscale ainsi exposée a une finalité claire. Les retombées financières des

mesures à mettre en œuvre sont de nature à permettre un financement du

développement du secteur agricole et l’amplification des politiques d’inclusion

économique et sociale.

Mais il me faut d’abord insister sur l’importance du secteur minier, qui sera l’autre

versant de notre action volontariste pour dégager des marges financières.

Au cours de mes déplacements à l’étranger, on me dit souvent que, en Guinée, il

faudrait plus de mangues et moins de mines ; que le secteur minier serait la cause de

nos malheurs.

Permettez-moi d’observer que cette compréhension des choses est, tout à la fois,

vraie et fausse.

Le secteur minier continuera de jouer un rôle déterminant dans l’économie guinéenne.

Et les actions menées depuis 2010 ont permis de véritablement redynamiser le

secteur, même s’il n’a pas encore été possible d’en faire un véritable levier de

transformation du système productif.

Cet état de fait résulte en partie de la faiblesse des infrastructures et des tensions

politiques et sociales.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Une impulsion politique plus forte sera nécessaire au renforcement de la transparence

dans le secteur minier, dans le cadre volontaire de l’Initiative sur la Transparence des

Industries Extractives (ITIE), de même que sera envisagée, le cas échéant, la reprise

dans le cadre juridique national des prescriptions de la Section 1504 de la loi

américaine Dodd-Frank, qui prévoient une obligation de reporting plus forte pour les

entreprises minières.

Parce que l’objectif ultime est de faire du secteur minier un levier pour la diversification

de l’économie, un lien clair sera établi entre le dynamisme du secteur minier et la

diversification de l’économie.

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18/27

Il sera, pour ce faire, créé un Fonds de diversification et de stabilisation de l’économie,

abondé par un pourcentage des ressources provenant des activités minières et

spécifiquement affectées au développement de l’agriculture, au financement des

infrastructures et de l’inclusion sociale, ainsi que pour la constitution d’une épargne

publique.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Je me permets d’insister sur l’importance de cette action. Selon les estimations du

FMI, bien gérées, les recettes fiscales des projets miniers en cours de développement

dans notre pays suffisent à éradiquer la pauvreté.

Cela supposera certainement de créer les conditions d’un développement paisible

des activités minières. En articulation avec le fonds de développement local, un

mécanisme similaire à « la dérivation » pratiquée par le Nigeria sera mis en place.

Cela nous permettra de mieux redistribuer les revenus miniers entre les différentes

régions, en particulier les régions minières.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’attachement du Président de la République au développement de l’agriculture est

de notoriété publique. Comme souvent, il voit juste.

La politique agricole que le Gouvernement devra conduire poursuivra une

diversification réaliste de l’économie.

Les défis qui se posent à la Guinée, comme à l’Afrique, font du développement du

secteur agricole un impératif économique, social et politique :

  • les fluctuations sur les marchés de matières premières rendent l’économie

guinéenne particulièrement vulnérable à la volatilité des marchés

internationaux ;

  • la pression démographique pose avec acuité la question de la sécurité

alimentaire, considérant que la Guinée compte déjà environ trois millions de

personnes souffrant de malnutrition ;

  • enfin, l’adaptation au changement climatique rend indispensable d’anticiper les

effets des dérèglements liés au climat.

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Avec plus de six millions d’hectares de terres arables, dont seulement un tiers est en

exploitation, le potentiel agricole guinéen est à même de constituer une réponse

crédible à la diversification de l’économie, à la problématique de l’emploi (en

particulier des femmes et des jeunes) et à la réduction de la pauvreté.

Selon l’International Food Policy Research Institute, le développement de l’agriculture

réduit deux fois plus rapidement la pauvreté que les autres secteurs de l’économie.

Conformément aux engagements pris par les chefs d’État et de gouvernement de

l’Union africaine, à Maputo et Malabo, l’objectif sera de réserver, chaque année, 10%

du budget de l’État au secteur agricole et de se fixer pour objectif complémentaire un

accroissement annuel de la productivité agricole de 6%.

Un investissement significatif est en effet nécessaire pour favoriser le développement

de notre agriculture et pour venir en aide à nos agriculteurs.

Un recentrage des objectifs de notre politique agricole sera nécessaire, en fixant, au

moins dans un premier temps, un nombre limité d’objectifs, tels que l’organisation en

filières suivant les spécificités des régions naturelles guinéennes, un investissement

dans les infrastructures de stockage et de transport et la mobilisation du secteur privé,

en particulier pour l’accès au crédit.

Une fois que l’agriculture guinéenne sera solidement organisée, que les filières seront

solidement en place, il conviendra d’accélérer le processus de transformation sur

place.

La vigueur actuelle de l’agriculture rwandaise, qui a adopté cette approche réaliste et

prudente, nous convainc de la pertinence de notre démarche.

En s’inspirant de l’expérience nigériane, un Mécanisme de garantie des créances

agricoles sera mis en place au niveau de la Banque centrale pour favoriser la prise

de risque par les banques commerciales dans le domaine de l’agriculture.

L’initiative Grow Africa, mise en place par le Forum économique mondial, sera

sollicitée en raison des perspectives solides de partenariat public-privé qu’elle offre

pour le développement agricole.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Il me faut dire un mot sur le numérique, qui prend une importance grandissante dans

nos économies, mais aussi dans nos vies.

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Les nouvelles technologies de l’information et de la communication présentent, pour

la plupart des secteurs de l’économie, un potentiel de développement considérable.

Selon le McKinsey Global Institute, le numérique représente 1,1% du PIB des

économies africaines, contre une moyenne de 3,7% pour les économies développées.

Si seulement 16% de la population africaine utilise actuellement internet, cette

proportion progresse rapidement : 720 millions d’individus disposent d’un téléphone

mobile et 52 millions d’africains ont un compte Facebook. D’ici 2025, le numérique

pourrait accroître le PIB de l’Afrique de 300 millions de dollars.

Le Sénégal et le Kenya sont les leaders du continent, considérant la part de

l’économie numérique dans leur PIB, autour de 3,3%, soit un niveau comparable à

l’Allemagne ou la France.

L’ambition de notre pays est d’atteindre une numérisation de notre économie de

l’ordre de 3% du PIB d’ici cinq ans. Le Ministre en charge des télécommunications et

de l’économie numérique aura pour mission d’élaborer et mettre en œuvre un plan,

en vue de la réalisation de cet objectif. Il pourra utilement s’appuyer sur la stratégie

de numérisation des économies africaines, Smart Africa.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

J’ai évoqué, deux fois déjà, la problématique du partage de la prospérité.

Je voudrais vous annoncer ici que, en accord avec le Président de la République,

nous faisons le choix stratégique de placer l’action du nouveau Gouvernement sous

le sceau du partage de la prospérité en faveur des plus vulnérables.

Oui, Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Honorables Députés,

La problématique du partage de la prospérité sera la clé de voûte de l’action

gouvernementale. Pour renforcer la confiance dans l’action économique

gouvernementale, la mise en place de mécanismes de partage de la prospérité serait

très souhaitable.

Le Président de la République, fort des consultations qu’il a menées récemment, a

entendu les souhaits exprimés.

La Guinée a changé. Les Guinéens ont changé. Les populations guinéennes, jeunes

et connectées, sont devenues plus exigeantes.

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L’onction du suffrage universel ne suffit plus à assurer la pleine légitimité

démocratique. Au temps souvent long des élections, a succédé le temps plutôt court

des médias et des réseaux sociaux.

Les journalistes et les internautes tiennent quotidiennement la comptabilité de

l’efficacité ou de l’inefficacité de l’action publique. C’est le devoir des gouvernants d’en

tenir compte.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Ce partage de la prospérité concerne d’abord l’Éducation et la Santé.

L’École guinéenne a besoin d’investissements, mais aussi de réformes.

Le Gouvernement se donne pour objectif d’affecter 15% de dépenses budgétaires

aux secteurs de la santé et de l’éducation, pour construire des infrastructures, former

les enseignants et les personnels de santé et assurer une couverture médicale de

base pour les populations les plus vulnérables.

J’ai entendu, avec intérêt, les revendications des enseignants, qui vivent dans des

conditions indéniablement difficiles.

Comme s’y est engagé personnellement le Président de la République, le dialogue

sera toujours la meilleure option.

En ma qualité de Premier ministre, responsable du dialogue social, je voudrais dire ici

aux organisations syndicales, et plus largement à la société civile guinéenne, que mon

bureau leur sera toujours ouvert, que je privilégierai toujours la concertation avec les

partenaires sociaux, rouage indispensable de tout régime démocratique.

Mais il conviendra aussi que, en gestionnaires responsables, que nous comprenions

toute la complexité de l’action de l’État, qui ne saurait en aucun cas se résumer à la

satisfaction des revendications catégorielles.

L’intérêt général, ce n’est pas l’addition des intérêts particuliers. L’intérêt général

transcende les intérêts particuliers.

L’État, si je puis m’exprimer ainsi, est une entreprise globale. Les arbitrages opérés

en son nom ne doivent reposer que sur l’intérêt général et une gestion prudente des

affaires publiques, en particulier dans les domaines économiques et financiers.

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En ma qualité de Premier ministre, il ne me sera possible de satisfaire des

revendications que si la conséquence d’une telle décision ne serait pas la fragilisation

certaine de nos finances publiques, voire de l’Etat lui-même.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Il conviendra aussi, avec nos interlocuteurs de l’enseignement supérieur, de nous

poser la question des modalités de financement de l’enseignement supérieur privé

dans notre pays.

Il sera instruit au département ministériel en charge de l’enseignement supérieur de

procéder, avec leurs collègues de l’économie et des finances, à une évaluation de

l’efficacité de cette politique publique, qui a, pour nos finances publiques, un impact

considérable.

L’idée de base sera de s’assurer de l’adaptation des formations ainsi financées à

l’employabilité des étudiants. Il est nécessaire, en effet, que l’université prépare plus

efficacement les jeunes guinéens au marché du travail.

Dans cette perspective, le gouvernement que j’ai l’honneur de diriger dégagera des

moyens importants pour l’enseignement technique et professionnel, en vue de mieux

répondre aux besoins des entreprises.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La problématique du partage de la prospérité requiert une action plus volontariste.

Je suis heureux de vous annoncer, avec l’accord du Président de la République, que

le Gouvernement se fixera aussi l’objectif de la mise en place de transferts financiers

au bénéfice desdites populations d’ici 2020.

Cette décision répond à la fois à une logique économique, politique et sociale.

Nombre de pays riches en ressources minières dépensent en moyenne 0.5% de leur

PIB en programmes d’inclusion économique et sociale et de réduction de la pauvreté.

Les financements orientés vers de telles politiques ne représentent que 0,1% du PIB

de la Guinée, ce qui est très en dessous de la moyenne sous régionale de 2,5% de

PIB. Et il s’agit, pour la plupart, de financements externes (de la Banque mondiale,

par exemple).

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Tout l’enjeu sera de trouver des marges, tant au niveau de la réforme fiscale qu’au

niveau de la stratégie minière, pour consentir un effort financier d’au moins 2% de PIB

à partir de 2020 en faveur du partage de la prospérité.

L’objectif serait d’atteindre 4% de PIB d’ici 2025, orientés vers les 40% les plus

pauvres de la population, comme le préconise la Banque mondiale.

Il faut savoir que cet objectif est très réaliste, et que cette politique est une condition

essentielle de notre cohésion sociale.

Depuis 2010, notre pays s’est collectivement enrichi. Il faut à présent prêter une plus

grande attention au « ruissellement » de cette création de richesse vers les plus

vulnérables, en particulier les jeunes, les femmes et les populations en milieu rural.

L’essayiste Claude Lefort l’a relevé. Lorsque dans une société l’ordre social se

dérobe, lorsque les acquis ne portent plus le sceau de la pleine légitimité, lorsque les

différences de statut cessent d’être irrécusables, la possibilité d’un dérèglement de la

logique démocratique reste ouverte.

La crise sociale et politique de la période récente nous a permis de mesurer, de

manière troublante, l’acuité et l’actualité de cette exigence.

Les transferts financiers envisagés au titre du partage de la prospérité seront

subordonnés au respect d’un certain nombre d’obligations, telles que la scolarisation

des enfants (en particulier des filles), la participation à la réalisation de travaux publics,

l’achat de denrées de première nécessité.

Cette politique viendra, à terme, se substituer aux dispositifs actuels d’aide aux plus

vulnérables et de lutte contre l’exclusion sociale, le Programme Filet Social Productif

(PFSP) et le Fonds de Développement Social et de Solidarité (FDSS), qui restent

modestes, et sont principalement financés par les partenaires techniques et

financiers.

En s’inspirant de l’expérience indienne, le déploiement d’une telle politique supposera

la définition préalable de la population ciblée, la réalisation d’un travail de recueil des

données biométriques des bénéficiaires et la sécurisation des paiements (mensuels)

à travers, par exemple un dispositif de scan de l’iris et par empreintes digitales.

Une Agence nationale d’inclusion économique et sociale sera créée dans le courant

de l’année 2019, pour assurer le pilotage et l’animation de la politique

gouvernementale de partage de la prospérité.

Elle se mettra au travail dès cette année-là, notamment pour préfigurer le travail

préalable de ciblage. Une phase d’expérimentation, dans trois à quatre zones rurales

tirées au sort, précèdera la généralisation du dispositif à l’ensemble des populations

ciblées. L’usage des nouvelles technologies et l’implication des ONG réduiront

significativement les coûts administratifs de cette politique.

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Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Je voudrais vous rassurer sur cette orientation gouvernementale.

Les expériences du Brésil, avec le programme Bolsa Familia, mais surtout du Rwanda

et de l’Éthiopie, attestent de l’efficacité économique et sociale de la politique visée,

avec des sommes modiques, mais déterminantes dans la lutte contre la pauvreté.

La Rwanda, par exemple, avec son dispositif Umurenge, a réduit de douze points,

entre 2006 et 2011, le taux de pauvreté, passant ainsi de 57% à 45% de la population.

C’est notre responsabilité de pouvoirs publics d’apporter des solutions innovantes,

plus à même de réduire effectivement la pauvreté et les inégalités. Ce n’est pas

seulement une exigence économique. C’est aussi, et peut-être surtout, un impératif

démocratique.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La prospérité partagée c’est aussi s’attaquer au chômage. Le déficit en création

d’emploi représente une sérieuse barrière au développement économique et une

menace à la paix sociale. En Guinée le chômage est un phénomène inquiétant qui

frappe une frange importante de la jeunesse.

Pour s’attaquer à cette préoccupation, un ensemble d’actions doivent être menées

pour répondre aux différents besoins des jeunes en quête d’emploi. Il faudra éviter

l’approche du « ONE SIZE FITS ALL ». Le Gouvernement va mettre en œuvre une

série de politiques ad hoc pour faciliter la création de nouveaux emplois.

La première sera de mettre en place une initiative de politique publique destinée à

conjoncturellement booster l’emploi des jeunes et des femmes, le temps que le

développement du tissu industriel Guinéen vienne reprendre le relai permettant de

faciliter l’emploi pour tous.

Ce plan va porter sur deux (2) axes fondamentaux. Le premier axe visera les emplois

aidés en s’appuyant sur les subventions temporaires. Le deuxième axe portera sur

des opportunités d’emploi à ouvrir à travers les politiques et programmes sectoriels

d’investissement public.

La promotion à ce titre, des projets à haute intensité de main d’œuvre sera la priorité

de l’action gouvernementale.

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25/27

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Je ne saurais parler de pauvreté et d’inégalités sociales sans avoir quelques mots

personnels.

Je ne renie rien de ce que je suis. Un fils et petit-fils de paysan de la lignée d’imams

de mosquée, un enfant de Forécariah, un serviteur de l’État, un proche collaborateur

du défunt Président Lansana CONTE, et enfin un loyal serviteur du Président Alpha

CONDE.

Mais, au-delà de tout, je suis un Guinéen qui se veut un patriote.

Absolument rien, dans mon origine modeste, ne présageait que je me retrouverais

aujourd’hui devant la représentation nationale, encore moins pour y prononcer une

déclaration de politique générale en qualité de Premier ministre.

Absolument rien, dans mes conditions sociales de départ, ne laissait deviner que je

ferais autre chose que des études coraniques et le travail champêtre.

Par la force du travail, aussi avec peut-être un peu de chance, il m’a été possible de

m’élever, d’avoir le parcours qui a été le mien, et de renverser ainsi le cours souvent

implacable des modestes destins.

Je dis cela à l’adresse de la jeunesse guinéenne pour laquelle j’ai un attachement

particulier. Je voudrais partager mon parcours avec la jeunesse guinéenne pour lui

donner les raisons d’espérer.

Je voudrais lancer un appel aux jeunes de Guinée. Je leur demande d’avoir la foi, de

croire en leur destin et de ne jamais laisser aucun déterminisme, social ou ethnique,

les empêcher d’accomplir leurs rêves. Le succès est au bout de l’effort.

C’est une obligation pour les pouvoirs publics de les accompagner dans ce cadre. Les

efforts de mon Gouvernement seront orientés vers la recherche de solutions adaptées

pour la création d’emplois pour les jeunes et les femmes de notre pays.

Nous engagerons des concertations avec le secteur privé afin de construire ensemble

des initiatives destinées à renforcer l’employabilité de la jeunesse guinéenne.

C’est dans la synergie d’action que l’on pourra renforcer l’employabilité.

Aujourd’hui le péril qui guette notre pays c’est la division. Notre premier devoir, c’est

le rassemblement. Face à des difficultés sans précédent, j’ai besoin de vous.

Nous voulons que nos enfants grandissent dans un pays où ils ont accès aux

meilleures écoles et aux meilleurs professeurs.

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Nous voulons que nos enfants vivent dans une Guinée qui n’est pas affaiblie par

l’inégalité mais non plus écrasée par la dette.

Je lance un vibrant appel à tous les Guinéens des villes et des campagnes ainsi qu’à

ceux de la diaspora, à se mobiliser pour la construction d’une Guinée solidaire, de

progrès et de justice qui consolide son respect sur la scène internationale.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Le programme que s’est fixé le nouveau Gouvernement est ambitieux.

Je n’ignore rien des blocages de notre pays et de la puissance des forces de

l’immobilisme.

Il y a, c’est vrai, un peu de conservatisme en chacun de nous.

Le Gouvernement ne pourra atteindre ses objectifs qu’avec l’appui de tous, en

particulier de la représentation nationale.

Votre appui, votre soutien, seront indispensables à la réussite de l’action

gouvernementale.

Avec votre soutien, celui d’une opposition constructive, et d’une société civile active,

nous réussirons à trouver au fond de nous la force nécessaire pour relever les défis.

À chaque fois que l’avenir de la Guinée a été en jeu, nous avons su, nous Guinéens,

trouver la force nécessaire pour nous réinventer.

Je ne doute pas que cette fois aussi, il nous sera possible d’en faire autant.

La République de Guinée est immarcescible et changeante. Elle ne flétrit pas, mais

elle sait faire preuve de souplesse pour répondre à l’appel du changement.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Chers invités,

Le Gouvernement que je dirige demande à être jugé sur la base de ses résultats.

La presse responsable de Guinée, dont la liberté est indispensable à l’amélioration de

l’action publique, a, de toute évidence, un rôle à jouer. Permettez-moi de saisir

l’occasion pour encourager l’ensemble des médias de notre pays et l’ensemble des

hommes et femmes de ce corps qui ont toujours choisi librement d’être constructifs

en période de crise de notre histoire, vous en conviendrez, Honorables députés.

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L’action vigilante de la Presse saura nous rappeler à l’ordre, nous contraindre à ne

pas nous égarer et perdre le sens des priorités. Je sais d’ores et déjà pouvoir compter

sur elle.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Voici donc, déclinées dans leurs grandes lignes, les grandes orientations du nouveau

Gouvernement.

Je vous invite, conformément aux dispositions de l’article 57 de notre Constitution, à

vous en saisir et à en débattre.

Vive la Guinée, vive la République, vive l’unité nationale.

Je vous remercie.

 

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