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TPI de Kaloum : 7 mois de prison ferme contre deux léonais pour trafic de chimpanzé

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Après 6 mois de détention préventive à la maison centrale de Coronthie, deux citoyens de la Sierra Léone, pays voisin à la Guinée ont été situés sur leur sort le mardi 5 juin 2018 par le tribunal de première instance (TPI) de Kaloum. M. Abou Doumbouya de la Sierra Leone, pays voisin à la Guinée et son complice M. Aboubacar Chérif ont été reconnus coupables des délits de détention, circulation et commercialisation d’un bébé chimpanzé, une espèce animale intégralement protégée par le code guinéen de faune mais aussi par la Convention de Washington. Ils écopent de 7 mois de prison ferme et au paiement de 150.000 GNF d’amende.

Pour rappel, c’est le jeudi 23 novembre 2017 que le Service du Corps des Conservateurs de la Nature avec le soutien de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique) avait procédé à l’arrestation à Conakry d’un présumé trafiquant de bébé chimpanzé en provenance de la Sierra Léone.Les enquêtes préliminaires avaient débouchées sur l’arrestation du second trafiquant au nom de M. Aboubacar Chérif, se réclamant être propriétaire du bébé chimpanzé. Les deux avaient été entendus et déférés auprès du TPI de Kaloum où ils furent mis sous mandat de dépôt à la prison civile de Conakry.

Statuant publiquement et contradictoirement en premier ressort, le TPI de Kaloum a reconnu les deux prévenus dans les liens de la culpabilité des faits mis à leur charge.

Pour la répression, M Abou Doumbouya et son complice Aboubacar Chérif sont condamnés à 7 mois de prison ferme et une amende de 150.000 GNF. Sur l’action civile, ils ont été condamnés au paiement d’un franc symbolique à titre de dommages et intérêts au compte du Ministère de l’Environnement, constitué partie civile.

En Guinée, le chimpanzé fait partie des espèces animales menacées de disparition et classé dans l’annexe 1 de la CITES (convention internationale sur le commerce des espèces de faune et de la flore sauvage menacées d’extinction) comme étant une espèce animale intégralement protégée. Malgré les campagnes de sensibilisations organisées par les ONG et le département de l’Environnement en matière de protection des grands singes, le trafic de chimpanzés continu de belle manière. Et cela grâce au Réseau de trafiquants organisés à l’échelle international.

Pour mémoire, la Guinée a été sanctionnée par la CITES en mars 2013 et présentée comme une plaque tournante de la criminalité faunique en Afrique de l’ouest. Des efforts sont entrain d’être consentis par l’ensemble des acteurs impliqués pour espérer éventuellement la levée de la sanction.

A rappeler que le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime organisé transnational. Il occupe le 4ème rang du commerce illicite dans le monde, amassant des bénéfices d’environ 20 milliards de dollars chaque année.

Fatou Kourouma du projet GALP

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